Emploi des jeunes ruraux au Sénégal : ISRA/BAME piste les solutions

« Défi de l’emploi des jeunes ruraux au Sénégal : réflexions sur le marché du travail, le sous-emploi et les modalités d’insertion », c’est le thème de l’animation scientifique organisée par ISRA/ BAME, le mardi 12 juin 2018 à la salle de conférence de la Direction Générale de l’institut avec les présentations de Ya Cor NDIONE, Chercheure à l’IPAR Pierre GIRARD, CIRAD/ISRA-BAME et Mamadou Bobo BARRY, ISRA-BAME. Les travaux modérés par le Directeur de ISRA/CDH M. Youga NIANG visaient à mettre en discussion les travaux de recherche en économie du BAME et de l’IPAR s’intéressant à l’enjeu crucial de l’emploi rural au Sénégal et du rôle du secteur agricole. Les travaux présentés sont menés par ces doctorants ou jeunes docteurs à différents stades de recherche. L’intérêt est de croiser des échelles, des approches et des différentes méthodologies. Si l’on sait que les enjeux socio-économiques globaux relatifs au défi démographique sont bien identifiés, les aspects relatifs à l’emploi des jeunes sont abordés de diverses manières dans la recherche : par le marché du travail (analyse offre-demande), par l’indicateur du sous-emploi, les dispositifs d’éducation et de formation, par les systèmes d’activités, etc. Au-delà de l’approche,
ce sont aussi l’ancrage théorique et la démarche méthodologique qui peuvent varier. Et chacun de ces types de travaux produit des résultats singuliers qu’il est pertinent d’exposer pour mettre en discussion des recommandations aux politiques publiques. Ces travaux sont menés dans un contexte de transition démographique tout juste amorcée où le Sénégal fait face à un accroissement de population sans précédent. Ce qui se traduit par une arrivée massive de jeunes à la recherche d’activités génératrices de revenus. Au Sénégal, près de 300 000 jeunes ont atteint l’âge de travailler en 2015 et au vu de l’accroissement démographique, la taille de cette cohorte annuelle va s’amplifier pour atteindre 467 000 en 2030. Une large proportion de ces jeunes vivent et continueront à vivre dans les campagnes et leurs besoins à dépendre des économies rurales. Il en résulte une augmentation de 43 % de la population économiquement active en milieu rural d’ici 2030 dans les campagnes sénégalaises. Ceci pose la question centrale de l’emploi en général et celui des jeunes ruraux en particulier, des secteurs d’absorption des nouveaux actifs et des conditions de reproduction socio-économique des ménages ruraux. Pour de nombreux ménages sénégalais, l’agriculture ou l’élevage demeurent les principales activités génératrices de revenus même si leur contribution aux revenus totaux est variable : par exemple, dans le Delta du fleuve Sénégal, les revenus sont dominés par les cultures alors que dans le bassin arachidier la part du revenu agricole est beaucoup moins élevée. Ainsi, s’intéresser à la question de l’emploi en milieu rural suggère de considérer les capacités d’absorption du secteur agricole mais aussi des autres secteurs et des mobilités induites. Au-delà d’une approche sectorielle, la problématique incite à considérer les capacités des territoires et de leurs ressources dans la génération d’emplois.

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