Economie rurale et sciences sociales

Les recherches en économie rurale et sciences sociales se focalisent sur :
– le développement de méthodes pour l’analyse des acteurs, des réseaux et des structures qui permettront d’informer les processus participatifs ; – le développement de méthodes d’évaluation innovantes pour analyser dans quelle mesure les changements dans les politiques actuelles existantes et les investissements conduiraient à de meilleurs résultats (« écarts de performance politique ») ; – l’identification d’une part des facteurs déterminant les processus de politiques agricoles et donc conduisant à des écarts de performance, d’autre part, l’identification des types de réformes institutionnelles et de politique d’apprentissage qui peuvent conduire à accroître l’efficacité et les politiques agricoles pro-pauvres ; – le développement d’outils que les décideurs, les analystes politiques et les autres parties prenantes peuvent utiliser pour identifier et évaluer différents scénarios de politiques à la fois en termes de leurs implications économiques et sur la pauvreté mais aussi en termes de leur faisabilité et les obstacles à leur implémentation ; – l’identification des investissements prioritaires et les adaptations nécessaires pour améliorer la résilience de l’agriculture sénégalaise ; – le renforcement de capacité des décideurs locaux pour évaluer le risque climatique et la conception des stratégies appropriées pour atténuer les impacts ; – le développement d’outils nécessaires pour les populations leur permettant d’évaluer la vulnérabilité et les inévitables compromis auxquels elles seront confrontées au moment d’investir ou d’allouer les ressources qui sont limitées. Ces recherches ont permis de fournir des données importantes sur le fonctionnement et la dynamique des exploitations agricoles familiales, la professionnalisation des marchés et la régulation des filières, la gestion et la gouvernance des ressources naturelles et les impacts des innovations technologiques.
Pour l’ensemble des zones agro-écologiques du pays, les exploitations agricoles familiales ont fait l’objet d’une caractérisation et d’une typologie. Cela confère au Bureau d’Analyses Macro-économiques (BAME) d’importantes bases de données sur l’ensemble des zones agro-écologiques. L’analyse de la compétitivité des filières céréalières sèches (mil, sorgho, maïs, fonio) et du riz des différentes zones de production et systèmes de culture dans les zones agro-écologiques du Bassin arachidier, de la Casamance naturelle, du Sénégal oriental et de la Vallée du Fleuve Sénégal est réalisée avec une application de la matrice d’analyse des politiques. Ce travail a permis de déterminer les facteurs d’amélioration de la compétitivité des filières. La modélisation sous GAMS et la réalisation de matrices de comptabilité sociale ont aussi permis de proposer des scénarii de croissance pour certaines filières et d’analyser la pauvreté des ménages agricoles sénégalais. Une importante base documentaire sur l’économie du riz (compétitivité, efficacité technico-économique, impact, adoption…) est disponible et accessible au Centre de recherche agricole de Saint-Louis.
L’analyse économique des technologies et politiques visant à réduire la vulnérabilité et renforcer la résilience au Sénégal a été réalisée et a permis d’évaluer les potentiels impacts socio-économiques des changements climatiques au Sénégal ainsi que des options d’adaptations pour l’exploitation agricole qui peuvent améliorer la résilience de l’agriculture de façon générale. Une vue détaillée de la vulnérabilité actuelle des cultures majeures face aux chocs climatiques dans les différentes régions du Sénégal où les impacts son déjà perceptibles (sécheresse, inondations périodiques) est obtenue grâce au modèle « Trade-off analysis » (TOA) conçu pour examiner les implications socio-économiques de l’adoption des technologies dans les cultures, les changements dans les pratiques culturales, mais aussi les impacts des changements climatiques et des options d’adaptations par la mise en relation de plusieurs sphères biophysiques, socioéconomiques, agronomiques et géographique.
La connaissance du fonctionnement des communautés pastorales et des outils d’aide à la décision pour la gestion de l’espace pastoral et agropastoral est largement documentée dans les sciences sociales à l’ISRA. L’analyse des implications sur la mobilité du bétail le long des parcours, les activités autour des forages, les territoires laitiers, les questions relatives au foncier agricole et pastoral sont bien abordées par les travaux de l’ISRA.
Les activités de recherche en sciences sociales ont été, au cours des dix dernières années très connectées à la recherche-développement pour un meilleur accompagnement des acteurs. Cela a permis de jouer un rôle majeur dans i) la professionnalisation des acteurs des filières avec les travaux sur les interprofessions agricoles ayant abouti à la rédaction du décret sur les interprofessions, ii) la mise en place et l’animation de plateformes d’innovation multi acteurs, iii) l’accompagnement des organisations professionnelles pour affiner leurs stratégies. 

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